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mardi 29 janvier 2008

Borloo et l'économie du bien, par A.Madelin (déc.2007)

On connaissait l’économie de marché. Voici l’économie du Bien, celle qui prétend avec Jean-Louis Borloo « donner un avantage compétitif aux produits vertueux ».
Première application, le bonus-malus fiscal décerné par le gouvernement pour l’achat de véhicules automobiles neufs en fonction de leur rejet de CO2.
Une telle mesure n’inciterait guère à la critique si elle n’annonçait d’autres manipulations fiscales inspirées par le même esprit du Bien.
Car pour Jean-Louis Borloo ce n’est qu’un début : « nous allons essayer de mettre en place un système équivalent pour quelque 20 familles de produits ».

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Ainsi on réfléchit à l'idée de taxes nutritionnelles frappant les produits sucrés ou chargés en graisses pour pénaliser les mauvais comportements qui pèsent sur les comptes de notre assurance maladie.
On entend promouvoir au niveau européen « une taxation écologique des importations », un avatar écologique de feu la TVA sociale qui entendait faire contribuer les produits importés au financement de notre protection sociale (c'est-à-dire en fait les consommateurs français des produits importés !). Elle permettrait de faire coup double : taxer et les importations et les pays qui ne respectent pas le protocole de Kyoto (… et toujours faire payer le consommateur français !). On annonce encore que l’on réservera les allégements de charges sociales aux « bonnes » entreprises qui ouvriront une négociation sur les salaires.
Certes user de la fiscalité pour pénaliser ou récompenser certaines catégories ou modifier certains comportements n’a rien de bien nouveau.
Mais lorsque la planche à billet ne fonctionne plus, lorsqu’il est interdit de s’endetter davantage et difficile de prélever plus, il est tentant d’en faire une méthode de gouvernement, de suivre l’opinion en détaxant le « bien » et surtaxant le « mal ». Le déplacement donne l’image du mouvement.
La tentation est d’autant plus forte que la manipulation se nourrit d’un pseudo discours économique. Il est temps, explique-t-on, « d’introduire le véritable prix écologique d’un bien de consommation ». Bigre, la prétention n’est pas mince

En fait, ce « juste prix » ne peut qu’être arbitraire. Sur un marché, le signal des prix -par exemple le renchérissement du prix de l'essence- influe bien entendu sur les comportements pour pénaliser les voitures puissantes et de fait avantager les voitures moins gourmandes. En revanche, aucune rationalité économique ne peut justifier les tarifs ou les modalités de l’écopastille (Tout autre est le mécanisme des quotas de CO2 qui laisse le marché fixer le prix d'une contrainte publique.)
Pourquoi imposer un malus à l'achat d'un gros véhicule nécessaire au transport d'une famille ? Ne faudrait-il pas –comme on le propose- une prime de 5 g par enfant ! Et pourquoi pas, les personnes à charge ? Pourquoi calculer le malus de façon forfaitaire indépendamment des kilomètres parcourus ? Taxera-t-on les véhicules utilitaires ? Si non, est-il juste que le coiffeur bénéficie de la détaxation du plombier ? Pourquoi une famille avec une C 6 devrait-t-elle payer un malus de 1600 € alors qu'avec deux C2 elle bénéficierait d’un bonus de 700 € pour une pollution identique ? Difficile de faire des choix rationnels !
Dans une économie de marché, les prix expriment la préférence des consommateurs.
La manipulation fiscale des prix perturbe le message des prix. Et si les prix sont dictés par les préférences des politiques, les acteurs économiques sont invités à déplacer leur énergie vers le « marché politique » qui fonctionne sous la pression des groupes d’intérêts et des médias.
Le « politiquement visible » l’emporte sur les rouages de marché « invisibles ». Au risque de détraquer ces rouages et de provoquer d’immenses effets pervers.
C'est ainsi que de puissants lobbys industriels abrités derrière les agriculteurs ont imposé au nom de la planète des subventions massives aux biocarburants dont on s'aperçoit aujourd'hui -dans les conditions actuelles de production- qu’ils ne sont ni économiquement viables, ni écologiquement bénéfiques et qu'ils ont au surplus contribué à renchérir dangereusement les prix agricoles. On devrait de même jauger les éoliennes à leur rentabilité économique et écologique réelle.
Prenons garde de ne pas répéter les erreurs commises au fil du temps sur le marché du travail où l’interventionnisme dans la formation des contrats et des prix (revalorisations politiques du salaire minimum et exonération de charges) a fini par dérégler et l'embauche et la formation des salaires.
La manipulation fiscale des prix reste une manipulation dangereuse dont il serait prudent de modérer l’usage intensif qui s’annonce.
Le principe de précaution et de sérieuses études d’impact s’imposent.

samedi 19 janvier 2008

Le Chasseur, le premier protecteur de la Nature et de sa Liberté

Zones humides : Les protéger, pour se protéger

Les zones humides constituent une part importante de l'identité géographique médocaine. Les chasseurs contribuent à leur sauvegarde. Reportage à l'occasion de la Journée mondiale des zones humides.



Zones humides : Les protéger, pour se protéger
« S'occuper de ces territoires, c'est se préoccuper de notre avenir, mais aussi de notre présent. » En ouverture de la Journée mondiale des zones humides en Aquitaine – le 2 février dernier -, Jean-Pierre Thibault, directeur de la Diren (direction régionale de l'environnement), avait dit l'essentiel. Il n'est pas anodin de préciser que cette journée qui commémore la Convention de Ramsar (voir encadré) a été présentée au domaine de Pachan, siège de la Fédération des chasseurs de la Gironde. Car les zones humides constituent un terrain d'entente privilégié – même si l'équilibre est fragile - entre chasseurs, ornithologues et défenseurs de l'environnement de tout poil. Tous ont intérêt à protéger ces espaces de dangers multiples : pollution, assèchement, curage, industrialisation, urbanisation, etc.

> Lacs, étangs, lagunes, marais, mattes, prairies inondables… En Médoc, cela n'aura échappé à personne, l'eau est partout. Les eaux sont le squelette de la presqu'île. Le peuple médocain s'est construit grâce à elles, tout en luttant contre leurs forces destructrices (digues côté estuaire, travaux de lutte contre l'érosion marine côté océan). Dans cette configuration, les zones humides sont des zones tampons qui remplissent des fonctions essentielles : filtres épurateurs, « éponges » contre les inondations, alimentation des nappes phréatiques, réservoir de biodiversité pour de nombreuses espèces animales. En France,
30 % des espèces végétales menacées ou classées remarquables vivent dans les zones humides.
« La pointe de Grave, c'est 40 % d'espaces humides sur le Verdon et 700 hectares de marais maritimes ; on y trouve l'armoise maritime, disparue partout ailleurs sur le littoral français », explique Patrick Lapouyade, technicien de l'association Curuma au Verdon-sur-mer. Précisant aussi que « la diversité des animaux recensés atteste d'une bonne santé du milieu » : des insectes (flambé, azuré d'Escher), des reptiles et amphibiens (les tortues cistudes sont sous haute surveillance), les oiseaux (le tadorne est arrivé en début de semaine) et les poissons (les anguilles sont en voie de disparition).

> Les glaciers ne sont pas les seuls à fondre. Les zones humides aussi. On estime que deux tiers de ces zones ont disparu en France au siècle dernier, pour ne plus représenter que 1,5 million d'hectares soit un peu plus de 2,5 % du territoire national. Un signe inquiétant si l'on garde à l'esprit que ces territoires, outre le fait qu'ils permettent la production de ressources naturelles et le maintien d'activités traditionnelles (élevage, pêche, etc.), sont également les garants d'un cadre de vie de plus en plus recherché pour les loisirs, les activités nautiques, l'observation de la nature. En les préservant, la presqu'île fait le pari de devenir encore plus attractive, à l'échelle européenne, pour ce que l'on appelle « le tourisme vert ».
Un tourisme qui doit cohabiter intelligemment avec la seconde nature médocaine : la chasse. En partenariat avec la Fondation nationale pour la protection des habitats de la faune sauvage, la Fédération des chasseurs de la Gironde a initié depuis quelques années une politique d'acquisition des zones humides (voir tableau). Une initiative relayée localement par les ACCA, associations communales de chasse agréées (voir les deux témoignages).
Plus largement, il est acquis que les zones humides participent à la régulation des microclimats ; elles peuvent agir sur les effets des sécheresses au bénéfice de certaines activités agricoles. Une action qui n'est pas négligeable alors qu'un consensus scientifique semble s'être dégagé autour de la thèse d'un dérèglement climatique engendré par les activités irraisonnées de l'Homme.
par Alain Genestine
Mardi 17 avril 2007

Mortalité suspecte d'abeilles en Gironde

Toute la petite commune de Rions (Gironde) s'interroge depuis que, dans une maison du centre-ville, une habitante récupère chaque matin depuis un mois des centaines d'abeilles mortes dans son garage.



http://sophie-g.net/photo/nature/pct/abeilles03.jpg

Aucune explication rationnelle ne vient pour le moment éclaircir ce mystère qui vient s'ajouter aux nombreux cas de mortalité de cette population d'insectes ces derniers mois dans le Sud-Ouest.

"J'habite le petit bourg de Rions (Gironde) depuis plus de trente ans et je n'ai jamais vu une chose pareille. Mon garage, qui donne sur le village, est chaque soir depuis le 9 août envahi d'abeilles qui mettent des heures à mourir. A ce jour je les estime à 9.000. Au petit matin, elles sont toutes recroquevillées au sol, certaines agonisant encore après une nuit entière", raconte cette habitante qui souhaite garder l'anonymat.

"Ma première réaction a été d'appeler les pompiers. En général, elles meurent en l'espace de deux heures. Elles ne sont pas agressives mais plutôt fatiguées. En général, le gros des groupes meurt en l'espace de deux heures. Avec des amis, on a même essayé de les lancer en l'air pour qu'elles s'envolent, sans résultat. Elles s'écroulaient sur le sol en recrachant une sorte de pollen. Les arrivées sont sans interruption, sauf deux nuits depuis le début du mois", poursuit la propriétaire des lieux, qui insiste sur le fait que le phénomène s'est ralenti ces derniers jours sans cesser.

"J'en ai eu encore hier. J'ai mis quelques abeilles dans un sac et les ai rangées au congélateur dans l'espoir que des analyses soient faites. Les apiculteurs que j'ai contactés m'ont expliqué que si elles étaient empoisonnées, cela durerait jusqu'à la fin de la miellée."

Contacté lundi par l'Associated Press, les services vétérinaires faisaient savoir via la préfecture de la Gironde que des prélèvements seraient effectués en soirée et analysés dans les jours à venir.

De son côté, la municipalité a saisi les organismes officiels: "J'ai immédiatement prévenu les services vétérinaires et la direction départementale de l'agriculture", tenait à préciser Jean Despujols, le maire de Rions, commune de 1.500 âmes. "J'ai pris contact avec des apiculteurs de Rions qui n'ont pas constaté de mortalité anormale dans leurs ruches."

La maison où ces événements se sont produits se situe dans un périmètre protégé qui abrite des forages alimentant en eau potable plusieurs communes du canton, précise le maire, qui s'interroge sur la proximité "d'une culture récente de deux ou trois hectares de tournesol".

http://www.imaginascience.com/actualites/phpnews/images/bee.jpg

A quelques kilomètres de là, dans le secteur d'un village voisin, plusieurs hectares de maïs transgénique sont également cultivés. le maire, qui fait cette découverte récemment, déclare "n'être pas tenu au courant comme ses confrères de la localisation de telles cultures".

Joint lundi par l'AP, Me Philip Gaffé, avocat du Syndicat national de l'apiculture et apiculteur lui-même déclarait que cette situation "pourrait être le résultat d'une pratique agricole visant à produire soi-même ses propres insecticides à base de défoliants ou d'herbicide". "Cela ressemble également aux conséquence de l'utilisation de l'imidaclopride", contenu dans le fameux insecticide "gaucho", a-t-il relevé.


http://www.banlieusardises.com/jardinage/img/Fleurs-et-abeilles-009.jpg

De part le monde, les abeilles sont aussi victimes notamment d'un virus!

La disparition massive des abeilles d'élevage aux Etats-Unis est apparemment liée à un virus identifié en 2004 en Israël, selon des scientifiques dont la découverte annoncée jeudi devrait permettre d'expliquer ce phénomène mystérieux et préoccupant, qui frappe aussi ailleurs dans le monde

Un apiculteur le 11 avril à Mission au Texas ...

Ces chercheurs ont recouru à des techniques de séquençage génétique des micro-organismes peuplant les intestins d'abeilles qui vivent dans des ruches saines et de celles frappées de ce fléau. Les échantillons ont été prélevés dans l'ensemble des Etats-Unis au cours d'une période de trois ans.

Ils ont pu établir qu'une variante du virus baptisé IAPV (Israeli Acute Paralysis Virus) qui paralyse les abeilles "pourrait être la cause potentielle" de cette hécatombe, a expliqué, lors d'une conférence de presse, Ian Lipkin, directeur du centre pour l'infection et l'immunologie de l'Université Columbia (New York, est).

L'IAPV était le seul micro-organisme présent dans quasiment tous les échantillons provenant des ruches affectées, soulignent les auteurs de cette étude publiée par la revue Science du 7 septembre.

"Notre prochaine étape est de déterminer si ce virus est la seule cause de ce phénomène de dépopulation massive des ruches, appelée en anglais CCD (Colony Collapse Disorder)" ou s'il agit parmi d'autres facteurs tels des microbes, des toxines, des insecticides ou une nutrition appauvrie par la sécheresse, a-t-il poursuivi.

Selon Jeffery Pettis, entomologiste du ministère américain de l'Agriculture et co-auteur de l'étude, "cette recherche ouvre une très bonne piste mais il est peu probable que l'IAPV soit l'unique cause du CCD".

Les analyses génomiques d'abeilles d'élevage importées d'Australie depuis 2004 ont en effet montré qu'elles étaient infectées par ce virus mais que leurs ruches ne développaient pas le CCD.

Cette différence semble s'expliquer par le fait que les abeilles en Australie ne sont pas infectées par la mite varroa, un parasite commun dans les ruches américaines qui affaiblit leur système immunitaire.

Ces scientifiques ont aussi écarté comme étant "très peu probables" plusieurs hypothèses avancées ces derniers mois pour tenter d'expliquer cette mystérieuse disparition de milliards d'abeilles.

Parmi ces théories figurent les radiations émises par les téléphones cellulaires qui désorienteraient les abeilles et les cultures génétiquement modifiées (OGM).

En revanche, a souligné Diana Cox-Foster, entomologiste à l'Université de Pennsylvanie (est) et principale auteur de l'étude, "certains insecticides chimiques paraissent affaiblir les abeilles, les rendant plus vulnérables à des virus".

Le CCD est un phénomène surtout observé aux Etats-Unis avec une telle ampleur: les abeilles adultes disparaissent de la ruche, laissant le miel et le pollen récolté ainsi que les jeunes et la reine. Le plus souvent, aucun corps d'abeille n'est retrouvé.

On estime que de 50% à 90% des ruches commerciales ont été affectées par le CCD depuis trois ans aux Etats-Unis. Depuis, des cas ont été signalés notamment en Allemagne, en Espagne et en Grèce.

Cette situation sans précédent inquiète les apiculteurs, les producteurs de fruits et légumes ainsi que les pouvoirs publics américains.

Les abeilles domestiques assurent la pollinisation de plus de 90 variétés de fruits et légumes dont les récoltes représentent 15 milliards de dollars par an aux Etats-Unis.



par Alain Genestine
Lundi 27 août 2007